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mercredi, 18 août 2010

Les lieux de la Haute: épisode 3

Après le Ritz et le Lutetia, dont je vous ai parlé il y a quelques semaines, embarcation pour un autre lieu de la Haute: le Park Hyatt.

Burgers, figurines et faux feu de cheminée

Situé rue de la Paix (la dernière case du Monopoly, couleur bleu foncé), le Park Hyatt est un hôtel moderne et très chic dont le bar lounge flotte dans une obscurité mordorée très agréable. Une ambiance "romantique" renforcée par la présence d'une immense cheminée à éthanol au coeur de la pièce et de petites sculptures d'inspiration africaine sur les murs.

Comme prévu, je poursuis mon expérimentation des cocktails de la capitale. 25 euros le Papa Doble (Hemingway), une de mes plus belles découvertes jusqu'ici. Un Daiquiri arrangé (sans sucre) en référence au plus célèbre alcoolo du XXème siècle. Pendant ce temps, ma pote (appelons-là "la femme de Columbo") frôle l'orgasme avec son margarita violette/mûre, une des spécialités du coin.

Cossu mais pas assez goûtu

Cacahuètes au fromage, olives vertes croquantes. Une bombasse atomique du genre Natalia Vodianova débarque dans la salle au bras de son boyfriend. Ecoeurées, on décide de commander à manger. Je choisis les 5 mini-burgers sur pilotis et mon binome les gambas en bâtonnet. Les beignets de mer sont délicieux, en revanche je suis un peu déçue par mes hamburgers nains -le cuisto n'a pas dû assez traîner chez MacDo.

ParkHyatt3.jpg

1, 2, 3, 4, 5...

Deuxième tournée

Un peu alcoolisée, je décide de faire comme les grands et de commander un drink qui n'est pas à la carte. Evidemment, ça plante. Pour faire comme le connoisseur Don Draper je demande un Old Fashioned, sa boisson favorite dès 10h du mat. Mais la serveuse me regarde de travers et me demande à plusieurs reprises avec quoi je veux le couper. Fail. Je découvre donc que pour les cocktails "average", on peut y mettre aussi bien du whisky que de la vodka, du gin ou n'importe quel autre alcool fort.

Ce sera du gin.

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Mon "Old Fashioned". Au premier plan: les plus grosses cacahuètes du monde

Bientôt minuit. Il reste juste assez de temps pour faire un détour par les toilettes -le leitmotiv de cette série. Ambiance moins rétro-bling-bling qu'au Ritz, mais quand même, on n'échappe pas aux extensions dorées et aux miroirs géants. Je commence à me familiariser avec ces statuettes cambrées, qui me font penser à la chanson de Gainsbourg "L'hôtel particulier" (une de mes préférées). Cuvette black & white, la déco reste sobre.

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Petit détail sympa: le tas de serviettes ultra bien rangées sur le lavabo. J'aimerais bien avoir le même chez moi.

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Au salon, la blonde sibérienne est toujours là. On finit de se rhabiller. Il est grand temps de partir.

dimanche, 15 août 2010

Giverny - Printemps/été 2010

A Giverny, petit village au Nord-Ouest de Paris, plane l'ombre des impressionnistes. Le peintre Monet y avait sa résidence, et son petit marais qui lui inspira ses Nymphéas -parmi les tableaux les plus chers du monde.

J'y suis allée faire un tour au printemps. Il y a un musée (avec des jolis tableaux dedans) et un jardin (avec des jolies fleurs dedans). Il y a aussi la fameuse maison, avec une jolie salle à manger dedans, toute jaune, provençale.

 

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D'habitude, les fleurs m'énervent. En ville, du moins: beaucoup sont moches ou surfaites (les géraniums, les orchidées...), et rares sont celles qui sentent suffisamment bon pour qu'on n'ait pas à se fourrer le nez dedans pour goûter au parfum.

Mais à Giverny, les fleurs sont différentes. Elles sont très nombreuses, et bizarres. Je ne connais pas leur nom, mais les prendre en photo m'a donné l'impression d'assister à un défilé. Un défilé de couleurs, de formes, d'expressions. De l'émotion à l'état végétal. Les correspondances avec la mode sont faciles à établir.

Attention, ce billet s'annonce très régressif. Mais avouez: la nature, parfois, c'est joli.

 

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Orange sorbet, plumetis jaune poussin. Cacharel.

 

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Organza et violet flamboyant. Givenchy.

 

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Saumon pastel et crêpe de soie. Ungaro.

 

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Bassin de nénuphars. Urban Outfitters.

 

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Faux tournesols et dentelles graphiques. Christian Lacroix.

 

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Rose Saint-Laurent. YSL.

 

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Décor champêtre.

 

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Rouge agressif. Armani.

 

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Transparence mauve, étoiles. Alexander McQueen.

 

©Tous droits réservés

samedi, 14 août 2010

Les freaks du vintage ont enfin leur kermesse

La mode, c'est comme la bouffe: c'est une affaire de goût.

Si la France incarne le "good taste" depuis des décennies (les macarons, Coco Chanel, Catherine Deneuve... tout ça est dans Gossip Girl), certaines nation se distinguent elles par leur capacité à créer du "style". Un look. Des silhouettes. Et à ce jeu, les Anglais sont les meilleurs.

Bien qu'ayant inventé la Marmite et le cottage cheese et la meat pie et le pudding (certes, ça fait beaucoup), les Brits nous ont également offert John Galliano, les slims, le Guardian et TopShop. Et rien que pour cela, on peut leur être éternellement reconnaissants.

Mais je m'arrête là: un exemple vaut parfois mieux qu'un discours.

Ce soir, vendredi 13, le Guardian online titrait: In pictures - The first Vintage at Goodwood festival.

Je crus rêver. Imaginez un instant un site généraliste français capable de mettre en avant pareil rendez-vous. Où trouver ça? Sur le Figaro? Trop bigot. Le Nouvel Obs? Trop français. Le Monde? Trop vieillot. Libé à la rigueur? Oui mais bon, le site de Libé hein... reste peut-être Slate et l'Express, souvent bons question mode. Ou Rue89 -bien que le second degré ne soit pas le point fort de ce dernier.

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Mesdemoiselles, ce coeur est le mien. Et il pour vous.

[La bonne réponse, vous l'avez deviné, était 20minutes of course]

Mais là n'est pas la question. Le fait est que les Anglais, ou du moins une partie, ont ça dans le sang, et que ce festival ne pouvait être créé que chez eux.

Les photos du Guardian sont délicieuses. Elles représentent pêle-mêle: des vieilles toutes roses, des grosses moustaches, des rayures chimériques, des chapeaux poilus, des voitures toutes rouges, des une-pièce à carreaux verts... Bref, du vieux, voire du très vieux, pour des dégaines paradoxalement très actuelles.

Drôle, post-moderne sans être avant-gardiste, le vintage à l'anglaise est l'incarnation d'un style matiné d'ironie. Un chic no prise de tête.

Qu'on aime le vintage ou pas, ce "style" est la preuve vivante que la mode est d'abord une affaire de caractère, de langage et d'excentricité plutôt que de calculs géométriques. Mais les Français auront beau tenter leur chance, ils n'auront jamais ce petit plus qui fait que le vieux ne rend pas plus vieux, le moche plus laid ni le kitsch plus idiot.

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Goodbye.

Quant à moi, pauvre grenouille, j'ai abandonné depuis longtemps le mix panthère/palmiers et le velours à pois.

Frenchie je suis, Frenchie je resterai.

 
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