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jeudi, 06 janvier 2011

Sofia Coppola, PLEASE, tais-toi

Ce début d'année 2011 commençait presque bien. Le frigo était encore plein de champagne et de foie gras, il faisait à peu près beau, les avions redécollaient et Nadine Morano n'avait même pas ouvert la bouche.

Oui, mais tout ça, c'était avant Sofia Coppola.

Je sais. Tous les magazines, de Vogue à Télérama en passant par les fanzines de cinéma les plus pointus, tous la portent aux nues. Mais moi, je n'en peux plus, de la jeune Coppola. Son air de rebelle timide, ses looks chiants, ses joulis noeuds dans les cheveux, son sourire gras... Et par-dessus tout, je suis sortie de son dernier film (Somewhere) totalement révoltée. En colère contre ces clichés de bourgeoise mélancolique, d'adulte qui fait semblant de grandir, ses rêves sans ambition.

 

Bande annonce de Somewhere, Lion d'Or à la dernière Mostra de Venise


Somewhere, ce n'est pas seulement un poncif sur l'argent qui ne fait pas le bonheur. C'est pire. Sofia Coppola nous fait croire que les très riches ont en réalité les mêmes soucis que les pauvres. Qu'au fond, nous sommes tous pareil, avec ou sans hélicos, palaces et montres Christian Dior. Que le spleen est peut-être la seule chose partagée entre tous les hommes, que l'on habite Los Angeles (Somewhere), Versailles (Marie-Antoinette) ou Tokyo (Lost in Translation).

Mais ma grande, je n'ai pas besoin de toi pour apprendre que les champs de blé valent mieux qu'un tapis de jetons au poker. Que jouer à Guitar Hero avec sa fille, en vrai, c'est un plaisir simple-mais-génial-quand-même. Je me fous de tes illuminations post-adolescentes. Tu fantasmes la nostalgie et l'impuissance, le vide et les abysses (sublimes). Moi, comme tout le monde, j'essaie juste de ne pas trop boire la tasse. Et je n'ai pas le temps de prendre de photos sous-marines, n'en déplaise au commandant Cousteau.

 

Masque Coppola.PNG
ATTENTION: métaphore.

 

Oui, moi aussi je vénère La Dolce Vita. Moi aussi, j'aurais aimé être Anouk Aimée, vivre dans un dédale doré, une coupe de champagne à la main. Mais le cachemire n'est pas ma seconde peau.

Je repense à cette image déchirante à la fin du film de Fellini, à Marcello qui croise une jeune paysanne sur le bord de mer, un lendemain de fête. Ils s'observent; elle lui sourit, lui reste silencieux. Meurtri par son propre silence.

Fellini ne justifie rien: il aime ces doux fêlés, riches à millions, mais il les laisse cruellement prisonniers de leur condition. Jeune Coppola, Somewhere commence en fait à la dernière séquence: qu'arrive-t-il une fois qu'on lâche vraiment prise? Malheureusement, tu n'en sauras jamais rien. Car toi, tu ne lâcheras jamais prise.

Sofia, tu me fais penser à une chanson pop, une de celles que tu écoutes sans doute en boucle dans ton peignoir Yves Saint-Laurent. Cette chanson, c'est Common People, de Pulp. Une jeune fille à papa, bourrée aux as, s'extasie sur le fait d'avoir des potes fauchés. Relis bien le texte de cette chanson, ma puce. Tu comprendras peut-être un jour. Et ce jour, tous les divans du monde n'y pourront rien. Tu seras éternellement redevenue cette jeune femme brune au physique mou, au regard décharné et à la vie trop belle pour être vraie.

IMAG0284.jpg
Somewhere leads nowhere.

Alors, ma chère Sofia, je t'en conjure: dans ton prochain film, parle-moi de vrais drames, de rêves déchus, de quêtes enfouies. Pas de babioles imaginaires. La grâce n'est qu'un recours, et la noblesse une illusion. Comme le disait Dylan, Don't look back, et sors un peu ta caméra de ton nombril. Le monde t'en sera reconnaissant.

 

PS. A ceux, clairvoyants, qui se demandent ce qu'un tel billet fait sur un blog de mode, sachez que que je voulais en réalité faire un top 10 des stars qui polluent les red carpets, mais que le zèle que j'ai mis à dire ce que je pensais de la N°1 m'a fait repousser la publication du reste du post à dans pas très longtemps.

Commentaires

Ta critique est d'un manque de respect incroyable, qui es-tu pour cracher sur une réalisatrice de talent? Oui j'insiste, de talent, et ça même si tu n'aimes pas ce film.
Beaucoup l'ont aimé, même si il reste moins bon que les précédents.
Mais surtout, pourquoi t'adresses-tu directement à elle, en lui donnant des surnoms comme si tu avais le moindre lien avec elle. Ce post est juste pitoyable et tu devrais prendre un peu de recul et gagner un peu plus en maturité et en respect avant d'écrire de pareilles choses.

Écrit par : Margaux | vendredi, 14 janvier 2011

Les commentaires sont fermés.

 
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