Avertir le modérateur

vendredi, 27 août 2010

"Envy" englouti par son concurrent N°1

On s'y attendait un peu, mais c'est désormais officiel: de "Be" et "Envy", seul l'un d'entre eux passera le cap des six mois. "Be" va donc absorber son concurrent pour donner naissance à une formule enrichie à paraître au début de l'automne.

Envyhome.JPG

Les chiffres de vente du mag étaient loin d'être catastrophiques, mais néanmoins insuffisants aux yeux de Jean-Paul Lubot, son directeur général délégué: 175 000 exemplaires vendus chaque semaine (à peu près autant que Grazia), alors que l'objectif prévu était 200 000.

Des recettes publicitaires décevantes auraient également perturbé l'équilibre du titre, qui avait été lancé en février 2010, en même temps que "Be". Si les deux hebdos appartiennent à deux groupes différents (Be: Lagardère Active et Envy: Marie-Claire), la fusion est facilitée par le fait que Lagardère possède 42% du capital de son "concurrent".

Le péché d'Envy: son manque d'identité

Je n'ai personnellement jamais vraiment adhéré ni à l'un ni à l'autre de ces hebdos (alors que je lis pourtant beaucoup la presse féminine), la surenchère people m'apparaissant au fond assez vaine. Mais au-delà de cela, il me semble que seul "Be" avait réussi à se créer une identité propre.

Avec son slogan "For the Now Generation", le mag incarne la détente futile, vaguement hystéro (cf: les pubs dans le Métro ou encore celle de Paris Hilton) mais néanmoins assez cool et bien informée.

Par comparaison, "Envy" était peut-être un peu plus terne et hésitant, voire niais ("Toutes vos envies sont dans Envy", comme slogan, on a vu mieux...). Pas de quoi non plus se féliciter de cette "fus-ac" un peu particulière: seuls 15 des 40 journalistes de feu "Envy" seront réintégrés à "Be".

Hasard du calendrier, le magazine Grazia, un concurrent historique, fête tout juste ses un an. Le dernier numéro d' Envy devrait, lui, paraître fin septembre.

17:21 Publié dans Féminins | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 25 août 2010

Yves Saint-Laurent ou l'art de la mode

Au Petit Palais, une exposition met à l'honneur plus de quarante ans de carrière d'Yves Saint-Laurent, disparu en 2008. Un créateur de génie pour qui la mode n'était "pas tout à fait un art", mais avait "besoin d'un artiste pour exister". Les 300 pièces exposées ici lui donnent raison.

"J'espère que les 3 heures d'attente devant le Petit Palais valent le coup !" Message facebook d'une amie envoyé aujourd'hui depuis le musée. Cinq mois après ses débuts, l'expo "YSL" qui se termine dimanche fait toujours le plein. Déjà début août, les fascicules en français étaient en rupture de stock. Touristes étrangers, hommes en costard, drôles de vieilles et jeunes couples se pressent pour admirer une rétrospective qu'on ne saurait qualifier autrement qu'exceptionnelle.

YSL 1 Dior.JPG

YSL était-il un artiste? C'est la question que soulève en continu l'exposition, impulsée par son ancien compagnon, l'homme d'affaires Pierre Bergé. Un "mécène" qui finança longuement ses défilés et avec qui il collectionna d'ailleurs des tonnes d'oeuvres d'art une fois le succès venu.

Le parcours chronologique commence au coeur des années 50. YSL fait ses premiers pas chez Christian Dior à une époque où la femme est encore enserrée dans ses corsets. Le vêtement haut de gamme est une parure chic, un symbole du rang social qui possède encore peu son langage propre. Bien que talentueux, YSL "imite" ses contemporains, comme un jeune peintre l'aurait fait de son maître.

Ci-contre: Collection "Trapèze" pour Christian Dior (1958)

C'est après son retour d'Algérie (d'où il a été démobilisé au bout de trois semaines à cause d'une dépression) que le couturier se met à voler de ses propres ailes. Bergé le pousse à créer sa propre maison, ce qu'il fait en 1962. Dès lors, il griffe son "style" (un mot qu'il préférait à celui de "mode") dans chacune de ses collections, en empruntant à ses débuts au vestiaire masculin: cabans, vareuses, et même costumes-pantalons. Petite révolution dans ses ateliers de la rue Marceau, à Paris.

En même temps que la Nouvelle Vague au cinéma, Saint-Laurent casse les codes du genre et surprend par son audace et ses influences: alors que Jean Seberg promène ses cheveux courts en marinière dans "A bout de souffle", une des premières pièces de la collection de 1962 est la copie féminisée d'une veste de marin. Coïncidence?

Poussant la logique jusqu'à son paroxysme, il crée bientôt un smoking pour femmes, que ses clientes et amies les plus célèbres adoptent sur le champ.

YSL 5 catherine.JPG

Le masculin-féminin selon Catherine Deneuve (Collection automne-hiver 1966)

Bien que son peintre préféré fût Pablo Picasso, la carrière d'Yves Saint-Laurent me fait penser à celle de Matisse. Une fois le ton trouvé, YSL se démultiplie, adapte, créer et recrée sans cesse, toujours plus innovant, mais également respectueux de certains codes: la couleur, qu'il découvre lors de voyages au Maroc; les proportions, toujours très féminines; le souci du détail, enfin.

Dans le même temps, Saint-Laurent fait une déclaration d'amour au monde de l'art, sorte de refuge pour ce créateur "maladivement timide" fou amoureux de Marcel Proust ("Je l'aime tellement, il m'est parfois difficile de le partager", dit-il). 1965-1966 sont les années "tribute to": Mondrian, Cocteau, Picasso, Van Gogh, Matisse, Braque, tout le monde y passe. Des créations très premier degré, certes, mais fabriquées avec tellement de sincérité qu'elles en deviennent poétiques.

YSL 6 Mondrian.JPG
Poupée géométrique sophistiquée, inspirée des tableaux de Piet Mondrian (1965)

Comme tout avant-gardiste, cet homme pourtant très discret aime créer le scandale. On est en 1971: sa collection d'été, inspirée des années 1940 et pleine d'ironie, est descendue en flèche par la presse. Rétrospectivement, on y voit plutôt un impertinent trait de génie destiné à faire bouger les lignes, comme en atteste ce magnifique manteau de renard vert.

YSL 9 renard.JPG

Une des pièces à scandale de cette collection (printemps-été 1971)

La même année, re-belote: il pose nu dans un journal. Cette image diablement christique est presque de venu le symbole de Saint-Laurent: classe et provocante. L'exposition l'agrémente de 14 clichés "secrets", sorte de making-off très émouvant de cette série du photographe Jean-Loup Sieff.

YSL 8 Sieff.JPG

Un Jésus homosexuel, nu et avec des lunettes... ou comment créer un mythe en un cliché (1971)

Alors que chez ses collègues, la femme porte bikinis et mini-jupes, YSL s'en va puiser son inspiration à l'étranger, dans des pays à contre-courant de la modernité. Chine, Inde, Maroc, et même Russie (en pleine guerre froide!), qui donne lieu à ce qui semble être sa plus belle collection, très XIXème siècle. Collection ambiguë, au passage, car elle cultive un certain esthétisme "Russie tsariste" tandis que l'URSS reste très marquée par le socialisme réaliste.

YSL 2 russe.JPG

C'est beau! "Da, da" (automne-hiver 1976)

Pour rappel: en 1976, les jeunes écoutent Pink Floyd, Led Zeppelin et/ou Gainsbourg, et la sulfureuse Brigitte Bardot a déjà commencé la chasse aux phoques. Mais au fond, YSL s'en fiche: il est l'ami des stars et des comtesses et ne jure que par les opéras romantiques du XIXe siècle. Mais ce mondain un brin déconnecté de la réalité a paradoxalement fait descendre la Haute-Couture de son piédestal, en créant par exemple une collection de prêt-à-porter "Rive Gauche" fabriquée pour la première fois en série. Même si tout reste très cher, il faut bien l'avouer, c'est déjà pas mal.

Sa dernière collection, en 2002, est à l'image d'un Jean Dubuffet: nés génies, ils ont tous deux appris à "désapprendre" au cours de leur carrière, pour retrouver un style plus simple, purifié. Ce qui donne, chez Dubuffet, des dessins d'enfants et chez le couturier, des robes de mousseline ultra-dépouillées. Back to basics: la forme, la couleur, point barre.

YSL 4 2002.JPG

Sous la capeline bleue, une robe longue et un petit noeud. C'est tout (2002)

Un beatnik de salons

"J'ai toujours rêvé d'être un beatnik", disait Yves Saint-Laurent. Même si on a du mal à le croire, on ne peut nier qu'il partageait avec ces poètes fous, épris de liberté, une forme de mélancolie confrontée à une l'envie irrépressible de tout faire sauter.

Lors de son dernier défilé au Centre Pompidou en 2002, que je me souviens avoir regardé avec ma mère devant ma télé, tout le monde avait envie de pleurer. Moi aussi. Tous ces modèles réunis défilant dans une lumière timide... comme autant de spectres magistraux faisant ressurgir un demi-siècle de création au service de la beauté.

Générique de fin. A 1h18min, Deneuve et Casta chantent "Ma plus belle histoire d'amour... c'est vous", de Barbara. Il faut se retenir pour ne pas verser de larmes.

La rétrospective du Petit Palais produit ce même effet. Yves Saint-Laurent avait un coeur d'artiste, symbolisé par ce collier qui habillait à chaque collection un modèle particulièrement apprécié du maître.

Deux ans après sa mort, ce coeur bat toujours.

YSL 7 Coeur.JPG

Crédits photos: Fondation Pierre Bergé/YSL - Alexandre Guirkinger

dimanche, 22 août 2010

Dis maman, poser, c'est tromper?

NB: après réaction de Miss Pandora, l'article a été légèrement modifié. Je tiens à préciser que je n'ai aucune animosité contre cette blogueuse, bien au contraire. Je me pose seulement la question de la frontière entre blog et communication. Chacun se fera son opinion.


Les frontières entre la mode et la publicité sont très fines, et Internet n'échappe pas à la règle. Pour autant, les blogueuses mode peuvent-elles s'autoriser à faire de la publicité ouverte? Réponse ici.

En ouvrant la Glamour de cette semaine (offert avec Vogue), j'eus comme une légère secousse. Une publicité Comptoir des Cotonniers mettait en scène Miss Pandora, alias Louise Ebel IRL, dans une publicité "Mères & Filles" (leur fresque marketing depuis quelques années maintenant). Outre la surprise brutale de voir couché sur papier un visage d'habitude croisé sur écran, un peu comme Rue89 et son mensuel, j'ai surtout été marquée par cette forme de complaisance à devenir l'égérie d'une marque -égérie heureusement éphémère.

Mere fille mode.jpg

Comptoir des Cotonniers - Automne-hiver 2010

On le sait, les magazines féminins sont bourrés de pubs plus ou moins artistiques: il est parfois difficiles de faire la différence entre un article sur les it-bags et la réclame vendant ceux de chez Chloë juste en face. Mais, toutes proportions gardées, je n'ai pas connaissance qu'Anna Wintour ait jamais offert son carré plongeant aux photographes de mode. Et à mon humble avis, les blogueuses non plus ne devraient pas se prêter à ce jeu.

Jamais gratuit

Sur son blog, mademoiselle Pandora nous apprend que ce n'est pas la marque qui s'est tournée vers elle et sa maman, mais bien l'inverse. L'air de dire "je suis une fille comme tout le monde, c'est un rêve de gamine", Louise ne semble pas s'inquiéter du mélange des genres. Honnêteté ou fausse naïveté? On peut douter qu'après avoir été shootée pour cette campagne, sa liberté de ton n'en prendra pas un coup... C'est un peu comme la nomination par Nicolas Sarkozy de M. Pflimlin à la tête de France Télés: ça injecte le soupçon, quand bien même il n'aurait rien à se reprocher. Et c'est dommage.

La marque Comptoir des Cotonniers (CDC) peine à sortir de son image "bourgeoise tranquille" depuis quelques temps (déjà dès 2007), et se fait doubler chez les modeuses mainstream par d'autres griffes telles Maje, Sandro, Et Vous, etc. Or, Miss Pandora, une des blogueuses mode les plus suivies en France, est aussi très audacieuse (un petit exemple ici), que ce soit dans ses choix de vêtements, dans ses photos, etc. Une aubaine, pour CDC, qui voit sûrement là un moyen de se moderniser en choisissant cette grande rousse 2.0 qui "LOVES" sa chambre sous les toits et "HATES" les préjugés sur les jolies filles.

SloganCDC.JPG

Les "Do" et "Don't" des blogueuses mode

Alors, jusqu'où a-t-on le droit d'entrouvrir la fameuse boîte de Pandore? Voilà ce que j'en pense.

DO!

- Si elles le désirent, rien ne devrait empêcher les blogueuses-qui-sont-un-peu-dans-la-dêche de mettre de la publicité sur leur espace. Comme elles ne sont par définition pas des employées de leur blog, contrairement aux journalistes papiers, elles gardent la possibilité de dire ce qui leur chante et tant pis si Asos et APC ne sont pas d'accord, on ne les oblige pas à rester. C'est d'ailleurs ce que fait Miss Pandora, et tant mieux!

- Autre liberté, celle de recevoir des cadeaux de la part de grandes marques (ce qui n'est pas mon cas, je vous rassure). C'est l'exemple de la petite Tavi, micro-star des front-rows de défilés qui se prend en photo sur-habillée dans son jardin tout moche. Là, la sélection se fera naturellement: personne n'oserait poser avec une fringue de mauvais goût.

- L'autopromo est également tolérée, et parfois même encouragée. C'est un peu l'histoire de Kate Moss qui pose pour sa collection capsule chez Topshop. Why not? C'est son bébé. La gourmande TokyoBanhbao a ainsi inséré un lien redirigeant vers son bouquin, "Serial shoppeuse" (ouvrage BD que j'ai lu, et que j'ai d'ailleurs bien aimé).

Naag Deyn.JPG

Capture du blog Naag.com, récemment créé par Agyness Deyn et sa pote Fiona.

DON'T!

- En revanche, publier les communiqués de presse tels quels, jouer les stars pour des marques de vêtement, acheter ses fringues un peu toujours au même endroit ou encore mentir sur un produit (je l'ai acheté, on me l'a pas donné!), je trouve ça moyen. Les demoiselles se doivent d'être à la fois honnêtes et de rester critiques. Les blogs, à la base, c'est fait pour ça non?

- Voilà pourquoi, sur ce site, vous verrez toujours le prix des habits et la façon dont je me le suis procurés. A bon entendeur, bonne semaine!

mercredi, 18 août 2010

Les lieux de la Haute: épisode 3

Après le Ritz et le Lutetia, dont je vous ai parlé il y a quelques semaines, embarcation pour un autre lieu de la Haute: le Park Hyatt.

Burgers, figurines et faux feu de cheminée

Situé rue de la Paix (la dernière case du Monopoly, couleur bleu foncé), le Park Hyatt est un hôtel moderne et très chic dont le bar lounge flotte dans une obscurité mordorée très agréable. Une ambiance "romantique" renforcée par la présence d'une immense cheminée à éthanol au coeur de la pièce et de petites sculptures d'inspiration africaine sur les murs.

Comme prévu, je poursuis mon expérimentation des cocktails de la capitale. 25 euros le Papa Doble (Hemingway), une de mes plus belles découvertes jusqu'ici. Un Daiquiri arrangé (sans sucre) en référence au plus célèbre alcoolo du XXème siècle. Pendant ce temps, ma pote (appelons-là "la femme de Columbo") frôle l'orgasme avec son margarita violette/mûre, une des spécialités du coin.

Cossu mais pas assez goûtu

Cacahuètes au fromage, olives vertes croquantes. Une bombasse atomique du genre Natalia Vodianova débarque dans la salle au bras de son boyfriend. Ecoeurées, on décide de commander à manger. Je choisis les 5 mini-burgers sur pilotis et mon binome les gambas en bâtonnet. Les beignets de mer sont délicieux, en revanche je suis un peu déçue par mes hamburgers nains -le cuisto n'a pas dû assez traîner chez MacDo.

ParkHyatt3.jpg

1, 2, 3, 4, 5...

Deuxième tournée

Un peu alcoolisée, je décide de faire comme les grands et de commander un drink qui n'est pas à la carte. Evidemment, ça plante. Pour faire comme le connoisseur Don Draper je demande un Old Fashioned, sa boisson favorite dès 10h du mat. Mais la serveuse me regarde de travers et me demande à plusieurs reprises avec quoi je veux le couper. Fail. Je découvre donc que pour les cocktails "average", on peut y mettre aussi bien du whisky que de la vodka, du gin ou n'importe quel autre alcool fort.

Ce sera du gin.

Park Hyatt2.jpg

Mon "Old Fashioned". Au premier plan: les plus grosses cacahuètes du monde

Bientôt minuit. Il reste juste assez de temps pour faire un détour par les toilettes -le leitmotiv de cette série. Ambiance moins rétro-bling-bling qu'au Ritz, mais quand même, on n'échappe pas aux extensions dorées et aux miroirs géants. Je commence à me familiariser avec ces statuettes cambrées, qui me font penser à la chanson de Gainsbourg "L'hôtel particulier" (une de mes préférées). Cuvette black & white, la déco reste sobre.

WC1Park Hyatt.jpgWC3Park.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Petit détail sympa: le tas de serviettes ultra bien rangées sur le lavabo. J'aimerais bien avoir le même chez moi.

WC2Park.jpg

Au salon, la blonde sibérienne est toujours là. On finit de se rhabiller. Il est grand temps de partir.

dimanche, 15 août 2010

Giverny - Printemps/été 2010

A Giverny, petit village au Nord-Ouest de Paris, plane l'ombre des impressionnistes. Le peintre Monet y avait sa résidence, et son petit marais qui lui inspira ses Nymphéas -parmi les tableaux les plus chers du monde.

J'y suis allée faire un tour au printemps. Il y a un musée (avec des jolis tableaux dedans) et un jardin (avec des jolies fleurs dedans). Il y a aussi la fameuse maison, avec une jolie salle à manger dedans, toute jaune, provençale.

 

Monet maison.jpg

D'habitude, les fleurs m'énervent. En ville, du moins: beaucoup sont moches ou surfaites (les géraniums, les orchidées...), et rares sont celles qui sentent suffisamment bon pour qu'on n'ait pas à se fourrer le nez dedans pour goûter au parfum.

Mais à Giverny, les fleurs sont différentes. Elles sont très nombreuses, et bizarres. Je ne connais pas leur nom, mais les prendre en photo m'a donné l'impression d'assister à un défilé. Un défilé de couleurs, de formes, d'expressions. De l'émotion à l'état végétal. Les correspondances avec la mode sont faciles à établir.

Attention, ce billet s'annonce très régressif. Mais avouez: la nature, parfois, c'est joli.

 

RU056707.JPG

Orange sorbet, plumetis jaune poussin. Cacharel.

 

RU056695.JPG

Organza et violet flamboyant. Givenchy.

 

RU056697.JPG

Saumon pastel et crêpe de soie. Ungaro.

 

RU056717.JPG

Bassin de nénuphars. Urban Outfitters.

 

RU056725.JPG

Faux tournesols et dentelles graphiques. Christian Lacroix.

 

RU056700.JPG

Rose Saint-Laurent. YSL.

 

RU056737.JPG

Décor champêtre.

 

RU056747.JPG

Rouge agressif. Armani.

 

RU056749.JPG

Transparence mauve, étoiles. Alexander McQueen.

 

©Tous droits réservés

samedi, 14 août 2010

Les freaks du vintage ont enfin leur kermesse

La mode, c'est comme la bouffe: c'est une affaire de goût.

Si la France incarne le "good taste" depuis des décennies (les macarons, Coco Chanel, Catherine Deneuve... tout ça est dans Gossip Girl), certaines nation se distinguent elles par leur capacité à créer du "style". Un look. Des silhouettes. Et à ce jeu, les Anglais sont les meilleurs.

Bien qu'ayant inventé la Marmite et le cottage cheese et la meat pie et le pudding (certes, ça fait beaucoup), les Brits nous ont également offert John Galliano, les slims, le Guardian et TopShop. Et rien que pour cela, on peut leur être éternellement reconnaissants.

Mais je m'arrête là: un exemple vaut parfois mieux qu'un discours.

Ce soir, vendredi 13, le Guardian online titrait: In pictures - The first Vintage at Goodwood festival.

Je crus rêver. Imaginez un instant un site généraliste français capable de mettre en avant pareil rendez-vous. Où trouver ça? Sur le Figaro? Trop bigot. Le Nouvel Obs? Trop français. Le Monde? Trop vieillot. Libé à la rigueur? Oui mais bon, le site de Libé hein... reste peut-être Slate et l'Express, souvent bons question mode. Ou Rue89 -bien que le second degré ne soit pas le point fort de ce dernier.

Home Guardian vintage.JPG

Mesdemoiselles, ce coeur est le mien. Et il pour vous.

[La bonne réponse, vous l'avez deviné, était 20minutes of course]

Mais là n'est pas la question. Le fait est que les Anglais, ou du moins une partie, ont ça dans le sang, et que ce festival ne pouvait être créé que chez eux.

Les photos du Guardian sont délicieuses. Elles représentent pêle-mêle: des vieilles toutes roses, des grosses moustaches, des rayures chimériques, des chapeaux poilus, des voitures toutes rouges, des une-pièce à carreaux verts... Bref, du vieux, voire du très vieux, pour des dégaines paradoxalement très actuelles.

Drôle, post-moderne sans être avant-gardiste, le vintage à l'anglaise est l'incarnation d'un style matiné d'ironie. Un chic no prise de tête.

Qu'on aime le vintage ou pas, ce "style" est la preuve vivante que la mode est d'abord une affaire de caractère, de langage et d'excentricité plutôt que de calculs géométriques. Mais les Français auront beau tenter leur chance, ils n'auront jamais ce petit plus qui fait que le vieux ne rend pas plus vieux, le moche plus laid ni le kitsch plus idiot.

vintage 2.JPG

Goodbye.

Quant à moi, pauvre grenouille, j'ai abandonné depuis longtemps le mix panthère/palmiers et le velours à pois.

Frenchie je suis, Frenchie je resterai.

mercredi, 11 août 2010

Soldes 2010 - on fait le bilan

Et voilà, les soldes sont finies et il est temps de faire les comptes...

Dans ma besace: deux jeans slim, une salopette à gros boutons, cinq tops bariolés, deux robes, une combinaison bizarre, trois paires de chaussures (boots et ballerines), deux vestes pour le boulot et une bague. J'en ai eu en tout pour 800 euros... Eh oui Steven, j'ai dépensé sans compter. Mais pour ma défense, je n'avais pas fait de courses depuis le mois de mars.

Voici une petite sélection de mes achats. Les objets qui sont écrits en gras sont ceux que je viens de m'offrir. Les autres faisaient déjà partie de mon dressing.

Pour info: le thème de ce "shooting" est #jourchiant (11 août oblige). Ca se passe en bas de chez moi, dans la cour. Et le cheval, ben... je sais pas trop ce qu'il fout là. Mais je l'aime bien.

 

2 blog robe trois.JPG
2 Blog robe.JPG
Blog robe 1.JPG

Robe vintage - 39 euros

Episode Clothing (Paris IIe)

 

 

 

2 blog blanc 4.JPG

2 blog blanc 2.JPG2 Blog blanc.JPG

 

 

2 blog blanc 3.JPG

T-shirt American Retro - 49 euros

Foulard Allison - 20 euros

Pantalon Sandro - 149 euros

Chaussures Les Tropéziennes - 39 euros

 

 

 

Blog rose.JPG
2 blog rose bien.JPG
Blog rose 2.JPG

Pantalon Biscotte - 79 euros

T-shirt Gat Rimon, 30 euros

Chaussures Les Tropéziennes, 39 euros

 

 

 

3 blog 3.JPG
3 blog 1.JPG
3 blog 2.JPG

Top Vie ta vie - 69 euros

Short Comptoir des cotonniers - 89 euros

 

 

 

4 blog 1.JPG
4 blog 2.JPG
4 blog 3.JPG

Combinaison American Retro - 69 euros

T-shirt H&M - 5 euros

 

 

 

5 blog 1.JPG
5 blog 2.JPG
5 blog 3.JPG

Robe Foxygirl - 74 euros

Chaussures Eden Shoes - 69 euros

 

 

 

6 blog 1.JPG
6 blog 2.JPG
6 blog 3.JPG
Polo en laine et viscose Charlotte Sometime - 109 euros

Slim Iro - 79 euros

Boots en serpent Le colisée de Sacha - 99 euros

20:26 Publié dans Shopping | Lien permanent | Commentaires (5)

dimanche, 01 août 2010

WC très très privés - N° 1, le RITZ

Paris, l'été.

Le jour, des rues pleines de touristes. Le soir, des pavés désertés. Et des bars qui ferment parfois dès le crépuscule.

C'est ce qui m'est arrivé il y a deux semaines. Vers 22h, je me suis faite jeter d'une terrasse avec ma meilleure amie, près de Sèvres Babylone. Mais plutôt que de marcher 20min pour trouver un hypothétique bar ouvert, nous avons été prises d'une envie folle: traverser la rue et nous installer au Lutetia, ce grand hôtel parisien qui fait face au Bon Marché.

En impostrices complètes, nous avons donc commandé (elle) un Manhattan et (moi) un Red Lion, pour 16 euros chacune. Et, n'en déplaise à Zaz, nous avons décidé de remettre ça toute les semaines dans un autre grand hôtel. La semaine dernière, c'était le Ritz. Sauf que cette fois, je suis allée faire un petit tour du côté des toilettes...

"Donnez-moi une suite au Ritz, je n'en voudrai pas!", chante couragement Zaz. Ca se voit qu'elle n'a pas visité les toilettes.

"Que de la glace et de la dorure"

Les WC du bar "Hemingway" (dont l'entrée se situe au 38 rue Cambon, de l'autre côté de la place Vendôme) sont accessibles au sous-sol, via un petit escalier en colimaçon. So chic. Pour l'atteindre, il faut d'abord traverser un salon tamisé, rouge velours, qu'on imagine plein de Jet-setteurs nus (sauf que là, pour l'instant, il est vide). Musique groupiesque, couleurs trop mûres. On passe notre chemin, sans jouer les muses de salon dans un des sofas qui semblent franchement s'emmerder.

On descend finalement dans l'antre du dragon... La lumière ressurgit peu à peu; le style change. Du glamour-rétro, on passe au baroque chic. Les toilettes sont à gauche, étincelants. Une Arche, perdue en terre païenne, qui me fait penser au clochard analphabète de Coluche:

- Oh la vache!  T'arrives la-dedans, ça brille. C'est que de la glace et de la dorure, dis donc. Tu croirais la caserne d'Ali-Baba!

Bar Ritz.jpg

La pièce est pleine de côtés et recouverte de miroirs: sur les murs, sur les portes, et jusque dans d'autres miroirs (aussi bizarre soit-il pour des toilettes, on se voit partout). Ca sent le marbre rose et le marbre blanc, la fausse dorure et le bois cher. Tout ce qui dépasse scintille: les cadres de miroirs, les porte-serviettes, les poignées... Une fois sur le trône, on croit pisser de l'or.

"Why don't you go where fashion sits ? / Puttin' on the Ritz", claquette Fred Astaire et chante Clark Gable. Well, Freddie, I sat on the Ritz!

Cocorico rococo

Marque suprême de bon goût, les robinets ne sont pas de simples tubes en acier mais de subtils cygnes dorés, dont les becs crachent de l'eau (mais pas trop fort quand même).

Bar Ritz cygnes.jpg

On finit par comprendre ce qui, dans ce cloaque 9 étoiles, nous dérange le plus: c'est cette odeur de parfum mi cannelle, mi-jasmin qui se dégage de la pièce. On dirait celle d'un cadavre embaumé...

Verdict final: c'est beau comme un caniche tondu. Incarnation du style à la française (tendance Château de Versailles), ces WC très très privés font certainement le bonheur des golden boys et touristes fortunés.

En tout cas, ils auront au moins fait la joie, le temps d'un petit billet, d'une blogueuse mode qui, à 30 euros le cocktail, n'y remettra certainement pas les pieds de sitôt.

En extra: le clip de "From the Ritz to the rubble", des Arctic Monkeys. Et pas seulement parce que le chanteur, Alex Turner, sort avec Alexa Chung (grrrrr).

09:17 Publié dans Stars | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu